Le festival en images, en musique en 1’02’’

  

Edito

« Le théâtre est une école de pleurs et de rires et une tribune libre » disait Federico Garcia Lorca, le festival Don Quijote s’en fait l’écho en présentant dans cette 24ème édition une sélection de spectacles à l’affiche en Espagne, et ce en dépit des carences institutionnelles, de l’absence de politique culturelle et d’une certaine presse qui pense que le théâtre espagnol doit venir d’Avignon; ce qui en fait désormais un festival de résistance, avec 7 compagnies espagnoles, un spectacle de Bolivie et une production française.

Festival d’écritures contemporaines avec Famélica, comédie sociale de Juan Mayorga sur le monde du travail, ses frustrations et ses impostures.

D’autres textes contemporains évoquent l’histoire récente espagnole, Ligeros de equipaje de Jesús Arbues, témoignant de l’exode en France en 1939 de centaines de milliers de républicains espagnols ; le spectacle catalan de théâtre-danse Només són dones (Sólo son mujeres) de Carmen Domingo mettant en lumière le rôle des femmes pendant la guerre civile.

L’histoire latino-américaine est aussi évoquée à travers la pièce Mar, création collective avec Aristides Vargas, sur la perte par la Bolivie de son littoral lors de la guerre du Pacifique, et le texte Potestad de Eduardo Pavlovsky sur les « enfants volés » de la dictature argentine.

Et enfin, sont représentés deux personnages féminins marquants de la culture espagnole, la reine Jeanne de Castille, dite Jeanne La Folle, dans une fiction théâtrale contemporaine de Jesús Carazo : Juana, la reina que no quiso reinar, et l’entremetteuse Celestina du texte classique éponyme de Fernando de Rojas, seconde œuvre littéraire d’importance en langue espagnole après El Quijote.

Festival de témoignage et de résistance… contre l’oubli.

Luis Jiménez