Le festival en images, en 1’17

 

  

Edito

Réaliser le Festival Don Quijote, l’évènement culturel en France avec la plus grande participation d’artistes espagnols, c’est défier chaque année les règles comptables et le formatage institutionnel. Cette 25ème édition atteint une dimension quichottesque en affrontant les moulins à vent des intégrismes de tous bords et des bureaucraties culturelles, et devient un acte de résistance utopique.

Ainsi, un rappel est fait de la 24ème édition annulée en nov. 2015 en reprogrammant trois spectacles en ouverture du festival en octobre : deux représentations de personnages féminins marquants de la culture espagnole, la reine Jeanne de Castille dite Jeanne la folle, dans une fiction contemporaine de Jesús Carazo, Juana, la Reina que no quiso reinar, et l’entremetteuse Celestina du texte classique éponyme de Fernando de Rojas, seconde œuvre littéraire d’importance en langue espagnole après El Quijote; la troisième pièce présentée en octobre, Ligeros de Equipaje de Jesús Arbués, témoigne de l’exode dramatique en France en 1939 de centaines de milliers de Républicains Espagnols.

Le festival propose en novembre un focus sur la création scénique à Madrid, avec une évocation poétique de Lorca par son dernier compagnon dans La Piedra Oscura de Alberto Conejero, avec aussi un hommage aux Républicains Espagnols déportés comme apatrides, dans El Triángulo Azul de Laila Ripoll, mettant en scène un cabaret grotesque au camp de Mauthausen. Également de Madrid, Famélica de Juan Mayorga, comédie sociale sur le monde du travail, et une biographie musicale du roi de la copla dans Miguel de Molina al desnudo de Ángel Ruiz. Un spectacle de danse contemporaine, Naftalina, de Arrieritos, s’ajoute à cette sélection madrilène.

Se tiendra également en novembre une Rencontre à la Sorbonne, Hablemos de Cervantes, entre hispanistes et dramaturges espagnols.

Enfin trois autres productions complètent cet éventail des arts scéniques, Barro Rojo de Javier Liñera, cabaret-théâtre d’histoires d’homosexuels entre répressions passées et libertés présentes, et deux spectacles en français : Les Bonnes Dames, comédie du jeune auteur chilien Cristián Soto sur la dérision des modes actuels de communication, et le monologue Potestad du célèbre dramaturge argentin Eduardo Pavlovsky, sur les enfants volés sous la dictature argentine.

« Le théâtre est une école de pleurs et de rires et une tribune libre » disait Federico Garcia Lorca. Le festival s’en fait l’écho une fois de plus dans cette édition où les drames historiques et actuels de persécutions et de répressions sont transcendés par l’écriture, l’esthétique et l’humour, et deviennent des objets de théâtre à partager avec humanité.

 

Luis Jiménez